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La maltraitance

Encore peu reconnue, peu dénoncée ou gardée sous silence la maltraitance est toujours bien présente de nos jours. Elle touche bien entendu les personnes aînées mais elle peut également atteindre n’importe quelle personne et ce peu importe son statut socio-économique, son âge, son sexe ou sa race! La maltraitance est lourde de conséquences et il important de la reconnaître afin d’y voir plus clair! Soucieuse de prévenir, et de sensibiliser les personnes aînées et la population face au phénomène de la maltraitance; la Table Action Abus Aînés Mauricie vous présente ici les pistes d’information en vue de réfléchir et poser des actions appropriées !

Définition de la maltraitance

On parle de maltraitance quand une attitude, une parole, un geste ou un défaut d’action appropriée, singulier ou répétitif, se produit dans une relation avec une personne, une collectivité ou une organisation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause, intentionnellement ou non, du tort ou de la détresse chez une personne adulte.

Source : Plan d’action gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées – 2022-2027) et la Loi visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité (RLRQ, chapitre L-6.3)

En résumé, la maltraitance prend naissance bien souvent dans une relation avec une personne qui est proche et avec qui on développe des liens d’échange, d’amour, d’entraide et même de la dépendance selon certains cas. Comme dans toute relation, plusieurs sentiments et valeurs y sont partagés mais dans un cas de maltraitance les règles de cette relation manipulent, nuisent et détruisent la personne. Bien souvent, c’est ce lien d’attachement qui est rendu toxique et qui empêche la personne d’ouvrir les yeux et de mettre un terme à ce cercle vicieux. Lorsque l’on est maltraité c’est une atteinte directe à notre intégrité qui entraîne une perte de pouvoir sur sa vie! De plus, la maltraitance peut également être vécue dans un milieu de vie ou dans la société en général. Dans ce contexte, la relation de confiance peut être développé dans un cadre de soins en milieu d’hébergement à domicile, offert par une entreprise ou un milieu de vie par exemple. Il est important de se rappeler que si vous ressentez un malaise, une gêne ou de la violence en lien avec un service ou un soin reçu et même un membre de la famille, vous devez en parler, dénoncer et porter plainte s’il y a lieu auprès des autorités reconnues.

Les formes de maltraitance

Taboue et souvent invisible, elle peut prendre action selon deux formes; soit la violence ou la négligence en plus de se déployer sous différents types.

La violence c’est quoi?

La violence c’est de malmener une personne, c’est utiliser aussi son pouvoir ou sa force pour forcer une personne à agir contre sa volonté ou ses désirs. (de façon verbale ou physique par exemple)

Et la négligence elle?

La négligence c’est de ne pas se soucier de la personne, c’est être inactif face à une situation ou encore de ne pas intervenir face à ses besoins.

Les types de maltraitance

Cliquez sur chaque type pour tous les détails.

Psychologique

Ce sont des paroles, des gestes, un manquement ou une attitude qui atteint l’équilibre et le bien-être psychologique de la personne.

Des exemples de violence psychologique: Chantage affectif, manipulation, humiliation, insultes, dénigrement, menaces verbales et non verbales.

Des exemples de négligence psychologique: le rejet, l’isolement social, l’indifférence, l’insensibilité.

Physique

Ce sont des paroles, des gestes, un manquement ou une attitude qui atteignent la santé et la sécurité physique de la personne.

Des exemples de violence physique : Bousculade, rudoiement, coup, brûlure, alimentation forcée, administration inadéquate de la médication.

Des exemples de négligence physique : Privation des conditions raisonnables de confort, de sécurité ou de logement, non-assistance à l’alimentation, à l’habillement, à l’hygiène ou à la médication.

Sexuelle

Ce sont des paroles, des gestes, un manquement ou une attitude ayant un sous-entendu à caractère sexuel qui sont non consentis et qui atteignent le bien-être et la santé sexuelle de la personne.

Des exemples de violence sexuelle : Propos ou agression à caractère sexuel, attouchements sexuels non désirés.

Des exemples de négligence sexuelle : Traiter la personne aînée comme un être asexuel et/ou l’empêcher d’exprimer sa sexualité, privation d’intimité.

Matérielle ou financière

C’est l’exploitation frauduleuse des ressources personnelles de la personne en y incluant de l’abus de confiance, un détournement de biens, de la fraude documentaire, une emprise illégale sur les biens ou les droits.

Des exemples de violence matérielle/financière : Pression à modifier un testament, transaction bancaire sans consentement. Détournement de fonds ou de biens, prix excessif demandé pour des services rendus, transaction contractuelle ou assurantielle forcée ou dissimulée, usurpation d’identité, signature de bail sous pression, etc.

Des exemples de négligence matérielle/financière: Ne pas gérer les biens dans l’intérêt de la personne ou ne pas fournir les biens nécessaires. Ne pas s’interroger sur l’aptitude d’une personne, sa compréhension de la gestion financière, etc.

Organisationnelle

Ce sont des procédures ou des pratiques émanant du système qui portent atteinte aux droits et au bien-être des personnes aînées qui se trouvent dans un contexte de soins ou de services.

Des exemples de violence organisationnelle : Exclure les personnes aînées des prises de décisions qui les concernent, qui entraînent le non-respect de leurs choix. Imposer des pratiques de soins selon un horaire rigide.

Des exemples de négligence organisationnelle: Offre de soins ou de services inadaptés aux besoins des personnes, manque de savoir être et savoir-faire de la part du personnel, manque de personnel.

Violation des droits

C’est tout simplement une atteinte aux droits et libertés individuels et sociaux

Des exemples de violence de type violation des droits : Imposition d’un traitement médical, déni du droit de choisir, de voter, d’avoir son intimité, d’être informé, de prendre des décisions ou des risques, de recevoir des appels téléphoniques ou de la visite, de pratiquer sa religion ou sa spiritualité, etc.

Des exemples de négligence de type violation des droits : Ne pas informer sur ses droits, ne pas porter assistance dans l’exercice de ses droits, ne pas reconnaître ses capacités, refus d’offrir des soins ou des services, lorsque justifiés, etc.

Âgisme

Ce sont des préjugés négatifs, de la discrimination, des réactions ou des attitudes hostiles, de l’exclusion sociale en fonction de l’âge.

Des exemples de violence de type âgisme : Imposition de restrictions ou de normes sociales en raison de l’âge, réduction de l’accessibilité à certaines ressources ou à certains services, préjugés, infantilisation, mépris, etc.

Des exemples de négligence de type âgisme : Indifférence face aux besoins en lien avec le vieillissement, propos âgistes.

La maltraitance peut être intentionnelle ou non.

Mais avec quelles intentions la personne maltraite-elle?

La personne qui maltraite peut le faire d’une façon intentionnelle, c’est-à-dire qu’elle veut causer du tort à la personne dans le but de satisfaire ses besoins ou encore afin de tirer profit des ressources de la personne maltraitée.

La personne qui maltraite peut aussi le faire d’une façon non intentionnelle. C’est-à-dire qu’elle ne se rend pas compte et ne comprend pas le tort qu’elle cause dans la vie de la personne. Dans cette situation, la personne maltraitante, s’impose dans la vie de celle qu’elle aide en prenant des décisions à sa place sans la consulter en croyant qu’elle agit pour son bien.

Qui peut maltraiter?

Toute personne avec qui il y a une relation de confiance dont les membres de la famille, les amis, le ou la conjointe, par exemple. À ceci s’ajoutent les personnes qui rendent des services à domicile ou dans un milieu de vie, comme par exemple les préposés, les aides à domicile.

Les facteurs de risques

Dans certains cas de personne maltraitante, on remarque qu’il y a présence de facteurs aggravants comme par exemple : une situation précaire, de la violence conjugale, des problèmes de santé mentale, physiques ou cognitives, des problèmes de dépendance aux substances, le stress ou de l’épuisement de l’aidant.

De plus, certaines situations de la vie ou des problématiques liées à la vulnérabilité et à l’environnement d’une personne peuvent devenir des facteurs de risques à l’origine du développement d’une situation de maltraitance. Par exemple :

  • Des problèmes de santé physique;
  • Des troubles neuro-cognitifs (pertes cognitives, alzheimer, démence);
  • Une dépression;
  • Un faible revenu;
  • L’isolement social et l’inaccessibilité des ressources;
  • La cohabitation avec la personne maltraitante;
  • Des antécédents de violence familiale;
  • Des conflits et tensions dans une relation d’aide. (proche aidance);
  • De la dépendance financière.

Il est important de ne pas mettre une étiquette aux personnes qui sont identifiées comme maltraitantes. Il faut être attentif et comprendre les motifs, la situation mais également le lien de dépendance qui unit les personnes dans cette situation.

Les facteurs de protection

Les facteurs de protection sont liés à la personne ou à son environnement et permettent de réduire l’apparition d’une situation de maltraitance. Chaque personne dispose de forces et de capacités pour faire face à différentes situations de la vie. C’est donc l’ensemble de ces forces qui doivent être mobilisés pour aider la personne à combattre la maltraitance.

Voici quelques facteurs de protection liés à la personne :

  • Gérer le stress et utiliser des outils pour le diminuer;
  • Connaître ses émotions et en parler ouvertement;
  • Avoir une capacité de résilience et une vision positive;
  • Connaître sa propre personne, ses besoins, ses limites;
  • Connaître ses droits;
  • Être impliqué socialement.

Voici quelques facteurs de protection liés à l’environnement de la personne :

  • Avoir un bon réseau social;
  • Avoir accès à des ressources et des activités dans son milieu;
  • Être entouré d’une famille bienveillante.

Les freins à la demande d’aide

Lorsqu’une personne aînée subit de la maltraitance de la part d’un proche, d’un aidant ou d’un membre de la famille, il arrive très souvent qu’elle ait des difficultés à dénoncer pour des raisons qui sont bien compréhensibles. Voici quelques faits :

  • La peur des représailles ou des conséquences, peur que la situation s’aggrave;
  • La protection des liens familiaux (lien de dépendance; éviter de causer du tort à la personne maltraitante);
  • La crainte de l’isolement, du rejet et de la rupture des liens;
  • Le sentiment de honte, de gêne, et de culpabilité;
  • Le manque de capacités (physiques, psychologiques, sociales ou financières);
  • La méconnaissance des ressources d’aide et la méfiance à les utiliser.

Les conséquences de la maltraitance

Les conséquences de la maltraitance sont graves et destructrices pour une personne étant aux prises avec celle-ci. Elles ne sont pas à prendre à la légère! Savoir reconnaître les signes et symptômes de la maltraitance peut vous aider à faire la différence dans votre vie ou dans la vie d’une personne que vous côtoyer!

  • Apparition de séquelles physiques temporaires ou permanentes;
  • Apparition d’idées suicidaires et de comportements destructeurs;
  • Augmentation de la maladie et de la mortalité;
  • Perte des épargnes prévues pour assurer son bien-être;
  • Développement d’anxiété, de confusion, de dépression;
  • Repli sur soi;
  • Sentiment croissant d’insécurité;
  • Augmentation de la fréquentation des urgences;
  • Suicide comme conséquence ultime.

Les pistes d’intervention

Quoi faire en cas de maltraitance?

Vous êtes témoin d’une situation de maltraitance? Vous pouvez aider!

Intervenir ou agir dans une situation de maltraitance peut sembler complexe et semer le doute et la peur. Il est important de surmonter les hésitations et d’aborder délicatement le sujet avec la personne concernée.

Voici quelques pistes d’intervention afin d’aider et de soutenir la personne maltraitée :

  • Reconnaître les indices de maltraitance, (soupçons, inquiétudes, changement de comportements);
  • Nommer les faits sans jugement et ce qui vous préoccupe envers la personne maltraitée;
  • Vérifier et poser des questions ouvertes afin de vous assurer de la sécurité de la personne. (Pouvez-vous me décrire comment ça va à la maison?).

Mais avant toutes démarches, il est important de créer une relation de confiance avec la personne et de choisir un moment opportun pour ouvrir la communication. Assurez-vous d’avoir toujours le consentement de la personne et soyez à l’écoute. Vous devez respecter les limites, les décisions et les choix de la personne, sans la juger, ni la confronter. Vous pouvez également demander à la personne si elle accepte votre aide et à qui elle veut en parler. Des ressources d’aides et de services sont disponibles.

Contactez-nous pour plus d’informations!

819 697-3146

D’un autre côté, lorsqu’on est victime de maltraitance, il n’est pas toujours évident d’y faire face! On doit ouvrir les yeux et comprendre ce qui nous a conduit dans cette situation et surtout ne pas avoir peur d’aller chercher de l’aide afin de prendre des décisions éclairées tout en se respectant.

Vous pouvez demander à un proche en qui vous avez confiance afin de vous aider et de vous épauler dans cette situation. Plusieurs ressources d’aide sont disponibles pour enclencher une démarche afin de mettre un terme à cette situation. Croyez en vos forces et vos capacités afin de retrouver le pouvoir et le contrôle de votre vie!

Vous vous reconnaissez dans cette situation? Sachez que vous n’êtes pas seul et que vous pouvez y mettre un terme !

Contactez-nous pour plus d’informations!

819-697-3146