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Auteur : Colette Coudée, Directrice générale
Parution : Journal Clic Aîné | Volume 2 | Numéro 2 | 15 juin 2021
L’exposition à la violence dès la tendre enfance, peut-elle avoir des impacts, des répercussions, sur le parcours de vie ? Dit autrement encore, est-il possible de passer de personne abusée à abuseur ? C’est cette question qui, au départ, nous a menés vers les notions de parcours et de trajectoires de vie.
Ce sont les réponses que nous avons trouvées qui nous ont amenés à reproduire les parcours de vie de Victor et Anna, pour souligner cette Journée mondiale de lutte contre la maltraitance envers les aînés. Durant cette dernière année de pandémie, la violence sous toutes ses formes a occupé une place de plus en plus grande dans les médias parlés et écrits. Enfants, femmes et aînés ont fait les manchettes à tour de rôle. Comment accepter l’inacceptable ? Comment ne pas essayer de comprendre pour trouver comment pouvoir agir sur ce dérapage de notre société dont nous sommes TOUS parties prenantes ?
Outre Mme Hartmann, doctorante en psychologie qui n’a pas hésité à se positionner, les nombreux rapports de l’INSPQ (Institut national de santé publique au Québec) nous ont également inspirés. Nous comprenons l’importance des distinctions qu’il convient d’apporter pour conclure à la théorie des parcours de vie. La possibilité que la violence puisse se répercuter aux différentes étapes de la vie, sans être inéluctable, existe.
En résumé, on comprend qu’il peut exister ce que les auteurs appellent : de la transmission générationnelle de la violence. On comprend également qu’il existerait un consensus voulant que les enfants victimes de maltraitance dans l’enfance ou l’adolescence aient un risque plus élevé d’adopter des comportements violents envers leurs propres enfants. Cela n’est pas une relation de cause à effet. Mais lorsque ce phénomène arrive, il est alors question de transmission intergénérationnelle de la violence.
« Parmi les victimisations multiples, la revictimisation est dénie comme un épisode ou une série d’épisodes de victimisation physique, sexuelle, psychologique ou de négligence dans l’enfance ou l’adolescence (c’est-à-dire avant l’âge de 18 ans), suivi par au moins un autre épisode de victimisation à l’âge adulte. Bien que non incluse dans cette définition, la revictimisation peut s’appliquer à une personne qui a vécu un épisode de violence à l’âge adulte et qui en revit après l’âge de 65 ans (aîné). »
La théorie du parcours de vie est actuellement vue comme une des orientations prépondérantes dans l’étude de la vie des personnes. Avant 1960, la vie des individus était plutôt vue comme étant fragmentée, séparant la période de l’enfance et la période de l’âge adulte. Depuis les dernières décennies, plusieurs notions ont été prises en compte an de mieux contextualiser les évènements de vie, notamment le contexte historique dans lequel un individu évolue avec ses contraintes et les options offertes.
Nous retenons des auteurs du rapport que plus nous comprendrons comment les personnes peuvent être revictimisées dans leurs relations, plus cela facilitera l’identification d’actions efficaces pour les aider à sortir des trajectoires violentes…
Tout en souhaitant très fort que nous puissions trouver des actions efficaces pour contrer la violence sous toutes ses formes et à tous les stades de la vie, n’oublions pas que le mur du silence, celui des victimes et celui des témoins, est l’obstacle le plus grand que nous devrons franchir ! Et comme l’a déjà dit un illustre inconnu : « Beaucoup de mauvaises choses arrivent parce que trop de gens bien ne font rien ! » belle représentation du silence qui cache ce qui devrait, pourrait être enfin dit…
SOURCES
Les parcours de vie de l’adolescence au grand âge (Marlène Sapin, Dario Spini, Éric Widmer)
Mourir de dire…la honte (Boris Cyrulnik, mars 2020) Sophie M. Bisson
« Le parcours de vie d’adultes exposés à la violence conjugale dans leur enfance ou leur adolescence : une étude rétrospective » – Maîtrise en service social – Québec, Canada, Université Laval, 2019
Rapports Québécois sur la santé de l’INSPQ : Nature des liens entre les types de violence – – La violence et la maltraitance envers les enfants – La violence dans les relations amoureuses des Jeunes – La violence conjugale
La maltraitance envers les personnes aînées. Avril 2018