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La sexualité des personnes aînées

Auteur : Marie-Lee Bouchard, Intervenante chez GRIS-MCDQ – Travailleuse sociale

Parution : Journal Clic Aînés | Volume 4 | Numéro 1 | Mars 2024

Il n’y a pas d’âge pour parler de diversité sexuelle et de pluralité des genres (DSPG)

Il n’est pas rare de se faire souffler à l’oreille que les personnes aînées sont trop vieilles pour avoir une sexualité. C’est un mythe ! En réalité, il est vrai de penser que le vieillissement pathologique et les maladies peuvent altérer la sexualité. Or, comme cette sphère englobe plusieurs dimensions du développement humain, les personnes aînées de 65 ans et plus ont tendance à voir la sexualité comme une sphère positive dans laquelle elles peuvent s’épanouir de multiples façons. Il faut croire que ce sont les fausses croyances, la solitude et les maladies qui semblent être les seuls paramètres qui freinent la sexualité des personnes aînées. À cela s’ajoute la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre pour les personnes issues de la diversité sexuelle et de la pluralité de genre (DSPG). À ce jour, les données statistiques ne permettent pas de conclure la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus qui s’identifient à la communauté 2sLGBTIAQ+ (Gouvernement du Canada, 2022).

Sur le terrain, nous savons toutefois que certaines personnes s’identifient à la DSPG alors que d’autres sont toujours dans le placard. Ainsi, le coming out d’une personne peut ébranler beaucoup de personnes autour d’elle. Il peut s’agir de la famille, des ami.e.s, du personnel soignant ou bien des autres personnes aînées de leur résidence. Il faut prendre en compte que les personnes de 65 ans et plus ont vécu avant la décriminalisation de l’homosexualité en 1969 (Gouvernement du Canada, 2022). De ce fait, l’expérience de vie et l’éducation de ces derniers engendrent des effets discriminatoires envers les personnes de la DSPG, voire leur invisibilité. Il importe d’en parler, d’adopter une attitude d’ouverture et de respect envers ces personnes qui vivent, malheureusement, de la détresse psychologique et de l’isolement. D’autres facteurs peuvent contribuer à cette stigmatisation comme le fait de vivre seul, le sentiment de solitude, le soutien et la présence de l’entourage, la perte d’autonomie, etc. À cet effet, il importe d’opter pour des formations auprès du personnel de soins de santé et de services sociaux ainsi que d’offrir des ateliers de démystification dans les centres pour personnes aînées et des activités sociales pour briser l’isolement.

Somme toute, contrairement aux croyances populaires, les personnes aînées ont une sexualité ; elle s’exprime davantage dans la sensualité et les liens émotionnels. Le manque de connaissance, les préjugés et les stéréotypes et la stigmatisation à l’égard des personnes issues de la DSPG sont des facteurs fondamentaux sur lesquels nous devons intervenir afin de promouvoir une sexualité positive des personnes aînées. Il est crucial de respecter l’intimité de ces dernières et de leur offrir des services médicaux et sociaux efficaces et inclusifs.

Le GRIS-Mauricie-Centre-du-Québec est un organisme communautaire ayant au cœur de leur mission l’inclusion des personnes issues de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres. L’équipe d’intervention peut accompagner le personnel des établissements à rendre leur pratique plus inclusive. Elle anime aussi des cafés-causeries pour briser l’isolement des personnes de la DSPG et leurs alliés afin de rencontrer de nouvelles personnes et partager ses idées dans un environnement inclusif et sécuritaire. Pour plus d’information, appeler au 819-840- 6615, écrivez à liaison@grismcdq.org ou consultez notre site internet www.grismcdq.org

 

Marie-Lee Bouchard
Intervenante chez GRIS-MCDQ
Travailleuse sociale
grismcdq.org

SOURCE
Gouvernement du Canada. (2022). Isolement social des aînés : un regard sur les aînés LGBTQ au Canada. Consulté sur le web.