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Auteur : André Lecompte, Président
Parution : Journal Clic Aîné | Volume 1 | Numéro 3 | 2020
Samedi, le 17 août 2019, le quotidien La Presse+ présentait à ses lecteurs un dossier sur les soins spirituels chez les patients en n de vie, que ceux-ci soient dans des hôpitaux ou en CHSLD. On y relatait les interventions de certaines personnes pouvant s’apparenter à des formes de harcèlement.
La ministre de la Santé et des Services sociaux est consciente des écarts de conduite de certains intervenants à un tel point qu’elle a mandaté le centre Spiritualité Santé de la Capitale nationale an de l’aider à trouver les meilleures pratiques et les partager. Un rapport à cet eet devra être soumis en 2021 qui permettra d’encadrer ces pratiques en réponse à des besoins spirituels. Car les besoins spirituels renvoient à des façons d’envisager la vie, la mort ce qui inspire, ce qui donne un sens à son existence. Ces besoins spirituels peuvent s’inscrire autant dans une idéologie nouvel âge que dans une religion traditionnelle.
Quelles sont les assises des pratiques en besoins spirituels ?
La loi sur les services de santé et les services sociaux prévoit à l’article 100 que : « les établissements ont pour fonction d’assurer la prestation de services de santé ou de services sociaux de qualité qui soient continus, accessibles, sécuritaires et respectueux des droits des personnes et de leurs besoins spirituels et qui visent à réduire ou à solutionner les problèmes de santé et de bien-être et à satisfaire les besoins des groupes de la population… »
Des Aumôniers … aux Intervenants en Soins spirituels
Pendant longtemps, plusieurs générations, des aumôniers ont accompagné les malades ou toute personne en n de vie. Ceux-ci exerçaient leur profession dans un contexte culturel relativement homogène de tradition majoritairement catholique. Avec la baisse du nombre des membres du clergé et le déclin de la pratique religieuse ainsi que le contexte culturel changeant ces prêtres ont été remplacés par des intervenants en soins spirituels. Quoiqu’il en soit, certaines personnes malades ou en n de vie ont besoin de spécialistes pour se confier, faire état de leur situation an d’obtenir un certain réconfort.
Qui sont ces intervenants en soins spirituels ?
Ils sont regroupés autour d’une association (AIISSQ) : l’association des intervenants et intervenantes en soins spirituels du Québec. Cette association renferme environ 200 membres, ayant une formation en théologie, en sciences des religions ou l’équivalent. De plus, ses membres sont régis par un code d’éthique. Aussi, des stages sont exigés par certains employeurs et l’association offre des formations plus pointues.
Le MSSS reconnaît la pertinence de ces intervenants. Ces derniers sont des fonctionnaires rémunérés selon un taux horaire variant entre 20,00$ et 24,00$. Mais tous les intervenants en soins spirituels et religieux sont-ils membres de (AIISSQ) ? Il semble que non. On rapporte que des documents auraient circulé à l’insu du personnel dans des centres pour personnes aînées offrant à ces dernières des écrits privilégiant certaines croyances qui ne correspondaient pas à la réalité des résidents.
De son côté, l’association canadienne des soins spirituels et religieux (ACSSR) a publié un document intitulé « Normes régissant les Soins spirituels et religieux dans les services de santé au Canada ». Celles-ci nous semblent couvrir l’ensemble de la problématique quant à la définition et les conditions d’exercice de ces soins. Ces normes doivent tenir compte du contexte de diversité culturelle dans lequel l’ensemble des soins de santé sont offerts. Aussi, il est important que les soins spirituels et religieux soient intégrés aux autres soins de santé offerts par les établissements. De plus, tous les établissements offrant des soins de santé doivent offrir à leurs usagers des soins spirituels et religieux. Enfin, des ressources nancières et humaines doivent être mises à la disposition des établissements pour bien offrir ces soins. L’expérience, la scolarité et la rémunération doivent être prises en compte. Dans un autre article, il serait intéressant de voir comment ces normes sont mises en application.
En conclusion, souhaitons que les soins spirituels et religieux puissent être prodigués dans le respect des croyances et des valeurs des personnes concernées et non pas en privilégiant celles incarnées par l’intervenant, ou toute autre forme de théologies toxiques s’inspirant du démon ou du charlatanisme. Et cela permettrait sans doute d’éviter les abus spirituels et religieux envers nos aînés en situation de vulnérabilité…nous avons hâte de lire le rapport commandé par Madame la Ministre McCann au printemps 2021.